FLASH INFO 2109
SAINT-PIERRE-DES-CORPS : APRÈS LES ÉMEUTES, 12 MOIS AVEC SURSIS, 
LA JUSTICE AU-DELÀ DU LAXISME ? 
Une vingtaine de vĂ©hicules incendiĂ©s, dix policiers et gendarmes blessĂ©s, des dĂ©gradations, des tirs de mortiers, des barricades et une centaine de membres des forces de l’ordre mobilisĂ©s. Cinq jeunes ont Ă©tĂ© interpellĂ©s. Quatre gardes Ă  vue ont Ă©tĂ© levĂ©es. L’un des participants, jugĂ© en comparution immĂ©diate, a Ă©copĂ© de 12 mois de prison avec sursis. 
 Quand brĂ»ler, casser et affronter les forces de l’ordre conduit au sursis, 
quel message envoie-t-on à ceux qui seraient tentés de recommencer ?
                   L'ANALYSE DU JOUR 
 PÉTROLE : LA FRANCE CHERCHE PARTOUT SAUF CHEZ ELLE .

SĂ©bastien Lecornu rĂ©unit aujourd'hui des ministres et de hauts fonctionnaires Ă  Matignon. À 11 heures, on parlera approvisionnement en pĂ©trole et en gaz. À 15 h 30, on cherchera comment aider les Français Ă  supporter l'envolĂ©e des prix Ă  la pompe. La guerre au Moyen-Orient perturbe les approvisionnements, certaines stations connaissent dĂ©jĂ  des difficultĂ©s et l'exĂ©cutif cherche de nouvelles routes pour sĂ©curiser nos importations. Importer : voilĂ  le mot. Car pendant que la France s'inquiĂšte de savoir oĂč elle achĂštera demain son pĂ©trole, une question mĂ©rite d'ĂȘtre posĂ©e : avons-nous seulement cherchĂ© sĂ©rieusement ce que nous pouvions produire chez nous ?
En 2017, Nicolas Hulot, ministre d’Emmanuel Macron, fait voter une loi mettant progressivement fin Ă  la recherche et Ă  l’exploitation des hydrocarbures en France. L’objectif Ă©tait Ă©cologique : montrer l’exemple au monde, neuf ans plus tard, le monde consomme toujours du pĂ©trole, la France aussi. Nous n’avons pas supprimĂ© notre dĂ©pendance : nous avons continuĂ© Ă  acheter ailleurs ce que nous avons renoncĂ© Ă  rechercher chez nous. Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon et autres territoires pourraient prĂ©senter un potentiel pĂ©trolier. VoilĂ  le paradoxe : nous refusons de chercher chez nous, puis nous nous inquiĂ©tons lorsque le pĂ©trole venu d’ailleurs manque ou devient trop cher. L’écologie peut fixer un cap, mais la transition ne consiste pas Ă  remplacer une production française par des importations. Avant de renoncer Ă  nos ressources, encore faudrait-il savoir ce que nous avons rĂ©ellement sous nos pieds et sous nos mers.

LE COUP DE BEC DU COQ 
L' ARCOM AUX ABONNES ABSENTS

 L'Arcom sait rappeler les chaĂźnes Ă  l'ordre lorsqu'elle estime le pluralisme politique mal respectĂ©. Elle l'a d'ailleurs fait avec Radio France elle-mĂȘme en juin dernier. Alors que fait-elle aujourd'hui ? À France Inter, l'arrivĂ©e de Charles Sapin avait Ă©tĂ© justifiĂ©e par la direction au nom du pluralisme, Ă  l'approche de la prĂ©sidentielle. Sa place ? Deux minutes trente tĂŽt le dimanche matin, pourtant, cette seule chronique a provoquĂ© grĂšves et mobilisation d'une partie du personnel exigeant son retrait. La direction a finalement supprimĂ© l'Ă©dito ; Charles Sapin a refusĂ© la formule de remplacement proposĂ©e et renoncĂ© Ă  intervenir. Les syndicats ont Ă©videmment le droit de contester un recrutement, ils expliquent que les positions associĂ©es Ă 
Valeurs actuelles sont incompatibles, selon eux, ce qu'ils estiment ĂȘtre les valeurs du service public. Mais une question demeure : quel pluralisme peut-il exister si l'arrivĂ©e d'une voix diffĂ©rente pendant deux minutes trente par semaine devient elle-mĂȘme insupportable ? Nous entrons dans une pĂ©riode prĂ©-prĂ©sidentielle, Radio France est un service public financĂ© par l'argent public, Ă  ce titre, l'exigence d'impartialitĂ© et de pluralisme doivent ĂȘtre particuliĂšrement fortes. Alors, Madame l'Arcom, puisque vous surveillez le pluralisme, peut-ĂȘtre serait-il temps de regarder aussi ce qui se passe Ă  la Maison de la Radio, sinon, Ă  force de sĂ©lectionner les opinions jugĂ©es frĂ©quentables, 
           Radio France va donner des arguments Ă  ceux qui voudraient la rebaptiser “Radio d'État”, ou "la Pravda"
                                     L' AUTRE COUP DE BEC DU COQ
                 ATTAL, PHILIPPE : IL RESTE DES TRACES QUI NE S'EFFACENT PAS
 Gabriel Attal et Édouard Philippe prennent aujourd'hui leurs distances avec Emmanuel Macron. C'est leur droit. Mais ils ne peuvent pas davantage effacer leur passĂ© que leur bilan : l'un comme l'autre ont Ă©tĂ© Premiers ministres d'Emmanuel Macron et ont participĂ© directement Ă  la politique menĂ©e pendant ses deux quinquennats. Il reste aussi un Ă©pisode que les Ă©lecteurs pourront juger comme ils l'entendent : les lĂ©gislatives de 2024. Édouard Philippe annonçait alors qu'il voterait pour Jean-Paul Lecoq, candidat communiste, face au RN au Havre.  Gabriel Attal choisissait une autre ligne : empĂȘcher le RN d'obtenir la majoritĂ© absolue et demander le retrait des candidats "Ensemble" arrivĂ©s troisiĂšmes lorsque leur maintien pouvait permettre son Ă©lection. Cette stratĂ©gie conduisit notamment Ă  des dĂ©sistements bĂ©nĂ©ficiant Ă  plusieurs candidats LFI. Aujourd'hui, Attal et Philippe veulent incarner l'aprĂšs-Macron, ils peuvent changer de discours, de stratĂ©gie ou de programme, mais ils ne peuvent pas changer leur CV. Ils ont Ă©tĂ© aux commandes, ils ont fait des choix.  En 2027, les Ă©lecteurs auront aussi le droit de leur demander des comptes sur ces choix. 
Le costume du candidat neuf est peut-ĂȘtre facile Ă  enfiler. 
L'étiquette, elle, est beaucoup plus difficile à décoller.
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