FLASH INFO 2909
VISITE DU PAPE : CE QUE L’ON RETIENDRA
 La visite de LĂ©on XIV en France s’achève sur des images que l’on n’attendait peut-ĂŞtre plus : des foules nombreuses, des familles, mais surtout une jeunesse très prĂ©sente, venue Ă©couter un message de foi, de paix et d’espĂ©rance. Au-delĂ  de la dimension religieuse, ces quatre jours auront rappelĂ© une rĂ©alitĂ© parfois oubliĂ©e : dans une France que l’on dit dĂ©christianisĂ©e, la spiritualitĂ© et l’hĂ©ritage chrĂ©tien restent bien vivants. Le pape n’a pas Ă©vitĂ© les sujets qui divisent. Avec calme et diplomatie, il a rappelĂ© ses convictions sur la fin de vie, la dignitĂ© humaine et la dĂ©fense de la vie, y compris lors de ses Ă©changes avec Emmanuel Macron. Enfin, Ă  Metz, son appel Ă  la paix en Ukraine et au dialogue entre EuropĂ©ens aura donnĂ© Ă  cette visite une dimension politique et internationale. On pourra partager ou non les positions de l’Église. Mais une chose restera de cette visite : pendant quatre jours, une autre France s’est montrĂ©e. Nombreuse, jeune parfois, silencieuse souvent… mais bien prĂ©sente.
L' ANALYSE DU JOUR
 LA RÉCUPÉRATION MANQUÉE
 L’idĂ©e avait de l’allure. Profitant de l'enthousiasme qu'avait provoquĂ© la visite du pape et essayer de rĂ©cupĂ©rer un peu de son image, lors du discours que le pape LĂ©on XIV devait prononcer Ă  Metz sur l’Europe, la paix et l’unitĂ©, Emmanuel Macron avait conviĂ© les chefs d’État et de gouvernement des 26 autres pays de l’Union europĂ©enne. Metz, ville symbole de la rĂ©conciliation franco-allemande, le pape, Robert Schuman, l’Europe : le dĂ©cor Ă©tait idĂ©al pour une grande photo de famille.  Mais la photo espĂ©rĂ©e n’a pas  eu lieu.  La très grande majoritĂ© des dirigeants europĂ©ens invitĂ©s n’a pas fait le dĂ©placement. Lorsqu'on invite 26 dirigeants europĂ©ens autour d'un Ă©vènement aussi symbolique et d'une telle ampleur et que si peu rĂ©pondent prĂ©sent la question mĂ©rite d'ĂŞtre posĂ©e : Que reste t-il de la capacitĂ© de la France Ă  rassembler ses partenaires europĂ©ens autour de
son prĂ©sident ? Car Emmanuel Macron a beaucoup investi dans son image europĂ©enne depuis 2017. Discours de la Sorbonne, sommets, initiatives diplomatiques, appels Ă  l’autonomie stratĂ©gique : il a voulu faire de la France l’un des moteurs politiques de l’Union. Ă€ Metz, l’image fut diffĂ©rente, le pape, lui, avait attirĂ© les foules durant son sĂ©jour français, le prĂ©sident français avait invitĂ© l’Europe politique, elle est largement restĂ©e chez elle  Il serait excessif d’en faire la preuve dĂ©finitive d’un isolement diplomatique de la France, mais il serait tout aussi dĂ©connectĂ© du rĂ©el de considĂ©rer que cette absence massive ne signifie rien. Ă€ quelques mois de la fin du quinquennat, cette image pose au minimum une question :  
                  Emmanuel Macron aime parler Ă  l’Europe. Mais l’Europe l’écoute-t-elle encore  ?

LE COUP DE BEC DU COQ
 LYCEES LFI SOUFFLE SUR LES BRAISES 
 

Que des lycĂ©ens protestent contre des classes surchargĂ©es, le manque de professeurs ou leurs conditions d’études, cela s’entend. Que les manifestations dĂ©gĂ©nèrent en violences ou en dĂ©gradations, c’est autre chose. 
VoilĂ  maintenant que LFI entre pleinement dans la partie. Louis Boyard appelle Ă  Ă©tendre le mouvement. Jean-Luc MĂ©lenchon demande aux Ă©lus et militants insoumis de  s’interposer entre les lycĂ©ens et les forces de l’ordre lorsque celles-ci interviennent. Ă€ sept mois de l’élection prĂ©sidentielle, difficile de ne pas voir la dimension politique que prend dĂ©sormais cette mobilisation. Les lycĂ©ens ont parfaitement le droit d’exprimer leurs revendications. Mais le rĂ´le de responsables politiques est-il vraiment de venir souffler sur les braises lorsqu’une partie du mouvement dĂ©gĂ©nère ?   Lorsque la contestation quitte les salles de classe pour gagner la rue, la
responsabilité politique devrait être de ramener le calme, pas d’ajouter de la tension. Une colère légitime peut vite échapper à ceux qui l’ont déclenchée comme à ceux qui prétendent l’accompagner.
             L' AUTRE COUP DE BEC
 MOYEN-ORIENT PROTÉGER ... JUSQU' OĂ™ ?   

                       
 .
  Emmanuel Macron a dĂ©cidĂ© d'envoyer en Arabie saoudite, des soldats, des radars et des systèmes de dĂ©fense pour protĂ©ger le site pĂ©trolier stratĂ©gique de Yanbu, menacĂ© par les Houthis. Le PrĂ©sident assure que la France n'a pas l'intention d'entrer dans le conflit.  Mais une question toute simple se pose : que se passera-t-il si les militaires français ou les installations qu'ils protègent sont attaquĂ©s ? Ou si nos soldats sont tuĂ©s, nos forces devront Ă©videmment rĂ©pondre. Et si l'attaque vient de forces soutenues par l'Iran ? Faudra-t-il rĂ©pondre davantage ? Envoyer d'autres moyens ? Des Rafale ? C'est ainsi que peut naĂ®tre une escalade : non pas nĂ©cessairement parce qu'on la souhaite, mais parce qu'un premier engagement en entraĂ®ne un deuxième, puis un troisième.  ProtĂ©ger nos intĂ©rĂŞts et nos approvisionnements Ă©nergĂ©tiques peut parfaitement se dĂ©fendre. Mais engager des militaires français,  dans une rĂ©gion dĂ©jĂ  en guerre n'est jamais une dĂ©cision anodine.  Si nous savons pourquoi nous y allons. Savons-nous jusqu'oĂą cela peut nous conduire ?
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