FLASH INFO 0210
FLASH INFO
CARBURANTS
WASHINGTON PRESSE L' EUROPE D'OUVRIR SES RÉSERVES 


 Les prix flambent et les États-Unis pressent dĂ©sormais les EuropĂ©ens d'utiliser leurs rĂ©serves stratĂ©giques de gazole pour remettre rapidement du carburant sur le marchĂ©. La France et l'Allemagne font partie des pays directement sollicitĂ©s. Les États europĂ©ens doivent se concerter ce vendredi pour dĂ©cider de leur rĂ©ponse. Ces stocks n'ont pourtant pas Ă©tĂ© constituĂ©s pour corriger quelques centimes Ă  la pompe : ce sont d'abord des rĂ©serves de sĂ©curitĂ© destinĂ©es Ă  faire face Ă  une rupture grave d'approvisionnement. VoilĂ  donc l'Europe confrontĂ©e Ă  une drĂ´le d'Ă©quation : puiser aujourd'hui dans son assurance contre la pĂ©nurie pour tenter de calmer les prix… au moment mĂŞme oĂą les tensions internationales rendent cette assurance particulièrement prĂ©cieuse. 
LE COQ POSE LA QUESTION : Quand on commence à vider les réserves de secours, est-ce que l'on soigne la crise… ou est-ce que l'on gagne simplement du temps ?

A LA UNE

BUDGET 2027 : DEVINETTE ... QUI VA PAYER L'ADDITION ?
54 milliards. C’est le chiffre que le gouvernement a martelĂ© pour prĂ©senter l’effort nĂ©cessaire au redressement des comptes publics. Mais le projet dĂ©voilĂ© ce 1er octobre conduit Ă  une question beaucoup plus concrète : oĂą va-t-on chercher l’argent ? Car derrière les milliards, il y a des Français. 
LES RETRAITÉS Ils seront mis à contribution. Le gouvernement envisage notamment de limiter la revalorisation des pensions : les plus petites seraient protégées, tandis que les autres seraient sous-indexées, voire gelées au-dessus d'un certain niveau. L'objectif annoncé ces derniers jours était de récupérer plusieurs milliards sur les retraites. Autre levier envisagé: toucher à
l'avantage fiscal dont bĂ©nĂ©ficient actuellement les retraitĂ©s. LĂ  encore, derrière le vocabulaire technique, la traduction est simple : certains retraitĂ©s paieraient davantage ou verraient leur pouvoir d'achat progresser moins vite que les prix. 
LES MALADES ET LES SALARIÉS La SĂ©curitĂ© sociale est Ă©galement appelĂ©e Ă  contribuer Ă  l'effort. Le gouvernement a notamment Ă©voquĂ© environ 2 milliards d'euros d'Ă©conomies sur les arrĂŞts maladie. Le dĂ©ficit de la SĂ©curitĂ© sociale devrait atteindre au moins 23,2 milliards en 2026 et l'exĂ©cutif veut le rĂ©duire fortement l'annĂ©e prochaine. Autrement dit : lorsqu'on parle « d'Ă©conomies de santĂ© », il faut toujours regarder attentivement qui ne recevra plus ce que l'État ou la SĂ©curitĂ© sociale versaient auparavant. 
LES FONCTIONNAIRES Ils sont Ă©galement concernĂ©s, notamment par le gel annoncĂ© du point d'indice. Le ministère du Travail doit participer Ă  hauteur de plusieurs milliards Ă  l'effort recherchĂ©. 
LES COLLECTIVITÉS Communes, dĂ©partements et rĂ©gions sont elles aussi appelĂ©es Ă  contenir leurs dĂ©penses. L'objectif annoncĂ© est de limiter la progression de leurs dĂ©penses de fonctionnement Ă  l'inflation. Mais lĂ  encore, attention au tour de passe-passe : une Ă©conomie rĂ©alisĂ©e par une collectivitĂ© peut devenir demain un service supprimĂ©, un investissement reportĂ© ou une taxe locale augmentĂ©e. 
ET L'ÉTAT ? VoilĂ  peut-ĂŞtre la question essentielle. Le budget de l'État doit ĂŞtre gelĂ© en valeur hors nouvelles dĂ©penses liĂ©es notamment Ă  la dette et aux armĂ©es. C'est bien un effort. Mais le fameux chiffre de 54 milliards d'euros mĂ©rite dĂ©sormais d'ĂŞtre maniĂ© avec prĂ©caution : l'analyse du projet prĂ©sentĂ© aujourd'hui montre que ce montant additionne diffĂ©rentes façons de calculer l'effort budgĂ©taire et ne correspond pas simplement Ă  54 milliards de dĂ©penses existantes supprimĂ©es. Et c'est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que le dĂ©bat devient intĂ©ressant. Combien l'État Ă©conomise-t-il rĂ©ellement sur son propre fonctionnement ? Combien demande-t-il aux administrations ? Combien rĂ©cupère-t-il sur les prestations ? Et combien prĂ©lève-t-il finalement dans la poche des Français ? Car diminuer une pension, rĂ©duire un remboursement, geler une rĂ©munĂ©ration ou augmenter un prĂ©lèvement permet peut-ĂŞtre d'amĂ©liorer une ligne budgĂ©taire. Mais appeler tout cela indistinctement « Ă©conomies » ne dit pas qui paie. 
LE COQ POSE DONC UNE QUESTION TOUTE SIMPLE : Avant de demander une nouvelle fois aux Français de se serrer la ceinture, l'État a-t-il commencé par serrer la sienne ?

LE COUP DE BEC DU COQ
OQTF : EXPULSER OU MARIER ? 
 

Robert MĂ©nard Ă©tait mercredi devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Son tort ? Avoir refusĂ©, en 2023, de cĂ©lĂ©brer le mariage d’une Française avec un ressortissant algĂ©rien en situation irrĂ©gulière, sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français.  VoilĂ  toute l’absurditĂ© de l’affaire : l’État ordonne Ă  un homme de quitter la France mais, tant que cette dĂ©cision n’est pas exĂ©cutĂ©e, son OQTF ne lui retire pas juridiquement le droit de se marier. Le Conseil constitutionnel a en effet Ă©tabli que l’irrĂ©gularitĂ© du sĂ©jour ne peut, Ă  elle seule, faire obstacle au mariage. Le Club des Juristes MĂ©nard avait d’ailleurs saisi le procureur. Celui-ci n’avait pas constatĂ© suffisamment d’indices permettant de s'opposer au mariage.
Quelques jours plus tard pourtant, l’OQTF Ă©tait finalement exĂ©cutĂ©e et l’homme expulsĂ© vers l’AlgĂ©rie. C’est donc moins une histoire de mariage qu’une question adressĂ©e Ă  l’État : comment peut-il demander Ă  ses Ă©lus d’appliquer ses lois lorsque ses propres dĂ©cisions se contredisent ? Le parquet rĂ©clame aujourd’hui 7 500 euros d’amende contre Robert MĂ©nard. Le tribunal tranchera le 1er dĂ©cembre. Le Coq, lui, pose simplement la question : quand une OQTF signifie  vous devez quitter la France , faut-il vraiment s’étonner qu’un maire comprenne… vous devez quitter la France ?
                                 Mediapart fait encore des siennes 
Il impute des dĂ©clarations antisĂ©mites au prĂ©sident du Rassemblement national datant de 2013, alors que ce dernier avait 17 ans. Une certaine presse rĂ©agit immĂ©diatement et enfourche les habits de juge pour dĂ©clarer Jordan Bardella coupable, avant mĂŞme que Mediapart soit contraint de fournir des preuves, ou le traite pour le moins comme tel.           Ce mercredi, c'est au tour du prĂ©sident de la
 RĂ©publique de prendre part Ă  la chasse Ă  courre, pointant du doigt Jordan Bardella et les propos qu'il aurait donc tenus, en les prĂ©sentant ainsi pour avĂ©rĂ©s, et demande Ă  Jordan Bardella, pour le moins, de clarifier. E. Macron, qui a dĂ©daignĂ© participer Ă  la marche contre l'antisĂ©mitisme après les attentats du 7 octobre 2023. Lui qui ne dit mot lorsque J.-L. MĂ©lenchon fait des calembours Ă  connotation antisĂ©mite sur la prĂ©sidente de l'AssemblĂ©e nationale et bien d'autres dĂ©clarations qui portent Ă  consĂ©quence pour l'intĂ©gritĂ© des Français de confession juive. Lui encore qui boycotte, au Salon du Bourget, le stand israĂ©lien. Ou lui qui affirme devant l'ONU que le Hamas n'a pas commis d'acte terroriste en Cisjordanie. Vous l'aurez devinĂ©, Jordan Bardella n'est pas attaquĂ© pour des propos qu'il aurait tenus et qu'aucune preuve ne vient corroborer Ă  ce jour, mais bien parce qu'il faut le dĂ©sarçonner et le faire tomber. Jordan Bardella, qui est pressenti comme gagnant avec Marine Le Pen au second tour de l'Ă©lection prĂ©sidentielle de 2027, et il ne saurait en ĂŞtre question pour ces chasseurs toujours Ă  l'affĂ»t. La meute est lancĂ©e et la chasse Ă  courre va perdurer jusqu'Ă  ce que l'Ă©lection prĂ©sidentielle mette fin Ă  la curĂ©e si bien organisĂ©e par un journal d'investigation toujours avide de faire sensation, agitant pour cela le chiffon rouge qui lui colle aux doigts.

 L' ANALYSE DU JOUR

LYCEES LA COLERE, PUIS LE CHAOS... ET APRES ?
Au commencement, il y avait de vraies revendications : professeurs absents non remplacés, classes surchargées, établissements dégradés, manque de moyens, pression de Parcoursup. Il serait malhonnête de prétendre que les lycéens n’avaient rien à dire. Ces revendications étaient documentées et exprimées par de nombreux élèves, mais en quelques jours, la contestation a changé de nature dans certains établissements. Mercredi, 356 lycées étaient concernés par des blocages
au moins partiels. Pour cette seule journĂ©e, le ministère de l’IntĂ©rieur a recensĂ© 625 interpellations et 83 policiers et gendarmes blessĂ©s. Depuis le dĂ©but du mouvement, l’Éducation nationale dĂ©nombre 119 Ă©lèves ou personnels blessĂ©s, dont 34 membres du personnel. Ce jeudi, le hall du lycĂ©e Nelson-Mandela de Nantes a Ă©tĂ© dĂ©truit par un incendie, Ă  Auchel, dans le Pas-de-Calais, un proviseur a Ă©tĂ© blessĂ© par un tir de mortier.  On ne parle donc plus seulement d’adolescents assis devant leur lycĂ©e avec une pancarte. 
QUE DES LYCÉENS ? C’est la première question qu’il faut poser. Les centaines de personnes interpellĂ©es sont-elles toutes des Ă©lèves ? Qui sont ceux qui lancent des mortiers, incendient, affrontent les policiers ou profitent d’un blocage pour casser ? Il serait tout aussi faux de transformer tous les lycĂ©ens mobilisĂ©s en casseurs : la majoritĂ© des mobilisations observĂ©es mardi s’était dĂ©roulĂ©e dans le calme, mais lorsque des individus violents se mĂŞlent aux Ă©lèves, la revendication scolaire devient autre chose, et les premiers qui risquent d’en payer le prix sont prĂ©cisĂ©ment les jeunes venus manifester.  
MAINTENANT IL Y A LA POLITIQUE .  Des Ă©lus LFI ont publiquement soutenu les blocages et certains lycĂ©ens affichent ouvertement des slogans  LFI 2027  ou  MĂ©lenchon 2027 . Ă€ Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko s’est rendu auprès des manifestants et a dĂ©clarĂ© que la violence, Ă  un moment donnĂ©, peut ĂŞtre lĂ©gitime , tout en prĂ©cisant qu’il valait mieux l’éviter. Jean-Luc MĂ©lenchon a, de son cĂ´tĂ©, appelĂ© mercredi ses militants Ă  la  non-violence des mĂ©thodes de lutte , après avoir tenu la veille un discours beaucoup plus offensif contre les forces de l’ordre. Cette Ă©volution mĂ©rite d’être observĂ©e, lorsqu’un responsable politique vient soutenir des adolescents mobilisĂ©s, oĂą s’arrĂŞte le soutien Ă  leurs revendications et oĂą commence l’exploitation politique de leur colère ? 
ET SI DEMAIN IL Y AVAIT UN ACCIDENT GRAVE ? VoilĂ  la question que personne ne devrait esquiver. Des adolescents, des policiers, des incendies, des mortiers, des mouvements de foule : plus la violence augmente, plus le risque d’un drame augmente avec elle? et si demain un lycĂ©en Ă©tait grièvement blessĂ© ou tuĂ© ? Nous savons ce qui suivrait : les images, l’émotion, les accusations, les manifestations et probablement une nouvelle flambĂ©e de violences, cela implique une responsabilitĂ© considĂ©rable Ă  ceux qui choisissent d’accompagner politiquement cette mobilisation : quand on s’approche d’un baril de poudre, on Ă©vite normalement de jouer avec les allumettes. 
UNE RÉPÉTITION POUR DEMAIN ? Reste une dernière interrogation. En quelques jours, un mouvement parti de quelques lycĂ©es franciliens s’est Ă©tendu Ă  des centaines d’établissements et dĂ©sormais Ă  une trentaine de campus universitaires. Les rĂ©seaux sociaux ont jouĂ© un rĂ´le majeur dans cette propagation. Blocages rapides, mobilisation par tĂ©lĂ©phone, convergence lycĂ©ens-Ă©tudiants, et autres qui s'invitent, prĂ©sence politique, affrontements avec les forces de l’ordre : une mĂ©canique de mobilisation se met incontestablement en place, cela signifie-t-il qu’un chaos serait aujourd’hui organisĂ© en prĂ©vision de l’après-prĂ©sidentielle de 2027 ?  Ces Ă©vĂ©nements montrent Ă  tous les mouvements politiques  qu’il est dĂ©sormais possible de mobiliser, avec rapiditĂ© et par quels moyens, tout cela, Ă  quelques mois d’une prĂ©sidentielle qui s’annonce particulièrement tendue, mĂ©rite au minimum que l’on ouvre les yeux. 
LE COQ POSE LA QUESTION : Une colère lycĂ©enne est-elle encore une colère lycĂ©enne lorsque les revendications scolaires disparaissent derrière des incendies, des mortiers, des affrontements et des stratĂ©gies politiciennes? 
A force de jouer avec le feu, le vĂ©ritable enjeu ne sera bientĂ´t peut-ĂŞtre plus de savoir qui l’a allumĂ©, mais qui sera encore capable de l’éteindre !                 
          LIBRE DE DROITS
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